« S’IL N’Y AVAIT PAS DE FIA, JE PENSE QUE LA PLUPART DES VOTES IRAIENT À LANDO NORRIS », a déclaré Martin Brundle, accusant Red Bull d’avoir bénéficié d’un appui puissant pour assurer le titre de Max Verstappen

Une déclaration, et tout le paddock de la Formule 1 s’est figé.

Lorsque Martin Brundle, ancien pilote et aujourd’hui l’une des voix les plus respectées du monde de la F1, a laissé entendre que sans l’intervention de la FIA, Lando Norris aurait recueilli la majorité des suffrages face à Max Verstappen, il ne s’agissait pas d’une simple provocation médiatique.

Ses propos ont ravivé un débat ancien mais brûlant : celui de l’impartialité réelle de l’instance dirigeante du sport et de l’influence supposée des grandes écuries sur les décisions clés.
Dans un championnat déjà marqué par des tensions, des pénalités controversées et des interprétations réglementaires à géométrie variable, les mots de Brundle ont agi comme une étincelle.
Selon lui, la dynamique sportive de la saison aurait naturellement conduit à un soutien massif en faveur de Lando Norris, dont les performances, la régularité et la progression ont impressionné bien au-delà du cercle de McLaren.
Pourtant, le titre est revenu à Max Verstappen, une issue que certains jugent sportive, d’autres suspectent d’avoir été facilitée par des décisions institutionnelles favorables à Red Bull.
L’accusation est lourde, même si elle est formulée avec la prudence d’un homme rompu aux codes du paddock. Brundle ne parle pas explicitement de complot, mais d’un climat. Celui d’un sport où certaines équipes semblent évoluer avec une marge d’erreur plus large que d’autres.
Red Bull, dominante depuis plusieurs saisons, est au centre de ces soupçons. Chaque décision arbitrale en sa faveur, chaque pénalité évitée ou infligée à ses rivaux, est désormais scrutée à la loupe.
Lando Norris incarne, pour beaucoup, l’image inverse. Celle du talent pur, du pilote populaire, respecté, qui progresse sans arrogance et sans le poids d’une structure historiquement toute-puissante. Sa montée en puissance a séduit les fans, les observateurs et même certains acteurs du sport.
Dans ce contexte, l’idée qu’il aurait pu être le « choix naturel » du paddock sans l’influence de la FIA n’est pas anodine. Elle suggère que le championnat ne se joue pas uniquement sur la piste, mais aussi dans les bureaux.
Red Bull, de son côté, rejette fermement toute insinuation. L’écurie rappelle que ses succès reposent sur une supériorité technique, une organisation sans faille et un pilote d’exception.
Max Verstappen, multiple champion du monde, est présenté comme la preuve vivante que la domination n’est pas le fruit de décisions politiques, mais de performances brutes. Pour ses défenseurs, r
emettre en cause son titre revient à nier des années de travail et de résultats incontestables.
La FIA, comme à son habitude, n’a pas répondu directement aux propos de Brundle. Officiellement, l’instance se veut neutre, garante de l’équité sportive et de l’application stricte des règlements. Mais le silence nourrit les interprétations.
Dans un sport où la perception compte presque autant que la réalité, chaque absence de clarification renforce le sentiment de méfiance.
Ce débat dépasse largement le cas Norris-Verstappen. Il touche au cœur de la crédibilité de la Formule 1 moderne. Depuis plusieurs saisons, les fans expriment un malaise croissant face à ce qu’ils perçoivent comme une justice sportive inégale.
Des décisions tardives, des pénalités incohérentes d’une course à l’autre, et une communication parfois opaque ont érodé la confiance du public. Les propos de Brundle donnent une voix à ce malaise, en le formulant de manière frontale.
Il est toutefois important de souligner que la Formule 1 n’a jamais été un sport parfaitement neutre. Son histoire est jalonnée de controverses, de titres discutés et de rivalités marquées par des décisions arbitrales contestées.
Ce qui change aujourd’hui, c’est l’exposition médiatique et la rapidité avec laquelle chaque décision est disséquée sur les réseaux sociaux. La moindre impression de favoritisme devient immédiatement un sujet mondial.
Pour Lando Norris, cette polémique est à double tranchant. D’un côté, elle renforce son image de pilote méritant, presque victime d’un système biaisé. De l’autre, elle risque de réduire ses performances à un rôle symbolique, comme s’il était l’éternel challenger empêché par des forces extérieures.
Le Britannique, fidèle à son style, évite toute déclaration incendiaire, préférant se concentrer sur la piste.
Quant à Max Verstappen, il se retrouve une nouvelle fois dans la position du champion contesté, non pour ses capacités, mais pour le contexte de ses victoires. Une situation qu’il connaît bien et qu’il a toujours balayée d’un revers de main, affirmant que seule la ligne d’arrivée compte.
Les mots de Martin Brundle ne disparaîtront pas de sitôt. Ils continueront d’alimenter les discussions, les éditoriaux et les débats passionnés.
Qu’ils soient justes ou excessifs, ils posent une question essentielle : la Formule 1 peut-elle encore convaincre qu’elle est un sport où le meilleur gagne toujours, sans l’ombre d’une influence extérieure ? Tant que cette question restera sans réponse claire, chaque titre, chaque victoire et chaque défaite continueront d’être observés avec suspicion.