« Sans Max, Red Bull aurait probablement déjà quitté la F1. » En réponse à ces critiques, Martin Brundle a défendu avec conviction la stratégie de Red Bull, affirmant que le rôle crucial de Max Verstappen était au cœur de leur succès.

La déclaration est forte, presque provocatrice, mais elle résume une réalité que beaucoup dans le paddock préfèrent contourner. En affirmant que Red Bull aurait pu quitter la Formule 1 sans Max Verstappen, Martin Brundle n’a pas seulement pris la défense d’un pilote, il a mis en lumière la relation symbiotique entre une écurie et un champion qui a façonné toute une ère de la discipline.

Depuis plusieurs saisons, Red Bull est au centre de critiques récurrentes. Certains observateurs estiment que l’équipe a tout misé sur Verstappen, au détriment d’un équilibre plus large entre ses pilotes. D’autres reprochent à la structure autrichienne une dépendance excessive à un seul talent, ce qui fragiliserait son projet à long terme. Pour Martin Brundle, ancien pilote de F1 devenu analyste respecté, ces critiques manquent leur cible.

Selon lui, Max Verstappen n’est pas simplement un pilote exceptionnel dans une grande voiture. Il est la pierre angulaire d’un projet sportif, technique et même économique. Lorsque Red Bull a traversé des périodes d’incertitude, notamment après le départ annoncé de motoristes ou lors de luttes internes en coulisses, Verstappen a représenté une garantie de crédibilité. Sa présence a justifié les investissements, motivé les ingénieurs et rassuré les partenaires commerciaux.
Brundle rappelle que Red Bull n’est pas un constructeur historique comme Ferrari ou Mercedes. L’équipe appartient à un groupe dont l’engagement en F1 a toujours été conditionné par la performance et la visibilité. Sans résultats, sans victoires, la question d’un retrait n’a jamais été taboue. Dans ce contexte, disposer d’un pilote capable de gagner régulièrement, de porter l’image de la marque et d’incarner une domination sportive devient vital.
Max Verstappen a répondu à cette attente au-delà de toutes les projections. Titres mondiaux, records de victoires, constance impressionnante et capacité à exploiter la voiture dans des conditions extrêmes ont transformé Red Bull en référence absolue. Pour Brundle, il est donc logique que l’équipe structure sa stratégie autour d’un tel atout. Ce n’est pas une faiblesse, mais une lecture pragmatique de la Formule 1 moderne.
Les critiques pointent souvent la situation du deuxième pilote, régulièrement comparé, parfois écrasé, par Verstappen. Brundle reconnaît que la tâche est presque impossible pour quiconque partage le garage avec un talent de cette envergure. Mais il insiste : le problème n’est pas que Red Bull favorise Max, c’est que Max redéfinit constamment les limites. La hiérarchie n’est pas imposée artificiellement, elle s’impose par la performance pure.
Cette défense va plus loin qu’une simple analyse sportive. Brundle évoque également l’impact psychologique et culturel de Verstappen au sein de l’équipe. Sa mentalité, son exigence et son refus de la complaisance ont créé une dynamique interne orientée vers l’excellence permanente. Les ingénieurs savent que chaque amélioration sera exploitée au maximum. Les stratèges savent que le pilote peut exécuter des plans audacieux sous pression extrême.
Pour Red Bull, cela a permis de traverser des périodes de turbulences réglementaires et politiques sans perdre le cap. Même lorsque la concurrence se rapprochait, la combinaison Verstappen-Red Bull restait une valeur sûre. Brundle souligne que ce genre de stabilité est rare en F1 et explique pourquoi l’équipe a pu maintenir sa domination malgré les changements de règles et les controverses.
Dire que Red Bull aurait quitté la F1 sans Max Verstappen peut sembler excessif, mais l’idée derrière cette phrase est claire. Sans un pilote capable de garantir des résultats immédiats et une image de succès, l’équation économique et stratégique aurait été bien plus fragile. Verstappen n’est pas seulement un champion, il est un argument de maintien, presque une assurance-vie sportive.
Cette vision ne nie pas le travail collectif. Brundle insiste sur le génie technique, la stratégie et la discipline organisationnelle de Red Bull. Mais il rappelle que la Formule 1 reste un sport où le pilote fait la différence au sommet. À ce niveau, quelques dixièmes, une prise de risque ou une lecture parfaite de la course peuvent transformer une bonne équipe en équipe dominante.
En défendant Red Bull, Martin Brundle défend aussi une certaine réalité du sport moderne. Les grandes dynasties se construisent souvent autour d’individus exceptionnels. Michael Schumacher chez Ferrari, Lewis Hamilton chez Mercedes, et aujourd’hui Max Verstappen chez Red Bull. Ignorer ce facteur humain, c’est refuser de comprendre pourquoi certaines équipes marquent l’Histoire quand d’autres restent de simples parentes.
Au final, la déclaration de Brundle ne cherche pas à minimiser Red Bull, mais à souligner une vérité parfois inconfortable : Max Verstappen n’est pas seulement le visage du succès de l’équipe, il en est le moteur central. Et tant que cette relation perdurera, Red Bull restera au cœur de la Formule 1, non pas par tradition, mais par domination.