Jorge Valdano, ancien entraîneur du Real Madrid et voix respectée du football mondial, n’a pas tardé à répondre. Dans sa chronique pour El País, il a sorti les mots les plus durs depuis longtemps à l’égard d’un jeune joueur : « Gagner ou perdre, l’arrogance reste l’arrogance. » Une phrase courte, tranchante, mais terriblement lourde de sens. Pour beaucoup, c’est un rappel brutal : le talent seul ne suffit pas à bâtir une légende.

Yamal, lui, continue de fasciner autant qu’il divise. Né pour briller, il porte déjà le poids d’un destin que peu de joueurs de son âge peuvent comprendre. Sur le terrain, il éclabousse de son génie ; en dehors, il se laisse parfois emporter par son image. Mèches blondes, bijoux clinquants, postures de rappeur… tout semble calculé pour défier le monde, pour imposer un personnage plus grand que le football lui-même. Mais Valdano, avec sa sagesse d’ancien, voit au-delà de cette façade. Il avertit : à force de se regarder dans le miroir, on risque d’oublier pourquoi on joue.

Les mots de Valdano ont eu l’effet d’un électrochoc. Dans les studios télé, les débats se multiplient. Certains défendent Yamal, affirmant qu’il n’est qu’un adolescent victime de la pression et de la célébrité. D’autres, au contraire, estiment que le Barça l’a laissé devenir incontrôlable, prisonnier de son propre ego. Les supporters du Real jubilent, ceux du Barça se crispent — et la guerre des mots s’installe, plus intense que jamais.

Selon plusieurs témoins, Yamal aurait réagi en privé à la déclaration de Valdano, la jugeant “déplacée et paternaliste”. Une réaction compréhensible, mais risquée. Car dans le monde du football espagnol, s’opposer publiquement à une figure comme Valdano, c’est comme défier un monument. Et ce genre d’affrontement, souvent, laisse des cicatrices.
Le plus inquiétant, selon certains observateurs, c’est que Yamal semble glisser lentement vers le rôle de “personnage médiatique” plus que celui de footballeur. Chaque geste, chaque mot, chaque photo devient une arme à double tranchant. Les marques se bousculent pour l’avoir, les caméras le traquent, et son entourage, parfois plus intéressé que bienveillant, lui répète qu’il est déjà au sommet. Mais Valdano, lui, sait que la chute peut être aussi rapide que l’ascension.
“Être Yamal est un privilège, mais savoir comment vivre en tant que Yamal est une autre histoire”, a-t-il écrit dans sa chronique. Une phrase qui résonne comme une mise en garde : le football est un monde sans pitié, où l’orgueil se paie toujours tôt ou tard.
Le Clasico perdu au Bernabéu pourrait bien être ce tournant. En un instant, le jeune génie s’est transformé en symbole d’une génération trop vite exposée, trop vite adulée, trop vite jugée. Le public ne veut plus seulement voir du talent, il veut voir de la maturité. Et ce soir-là, Yamal a montré le contraire : un joueur exceptionnel, oui, mais encore prisonnier de son ego.
La réponse glaciale de Valdano a frappé fort parce qu’elle dit tout, en quelques mots. “Gagner ou perdre, l’arrogance reste l’arrogance.” Une phrase simple, mais qui pourrait marquer durablement la carrière du prodige catalan. Le football, comme la vie, finit toujours par remettre chacun à sa place. Et dans cette tempête médiatique, Lamine Yamal va devoir choisir : continuer à jouer le rôle du provocateur… ou redevenir le joueur que tout le monde rêvait de voir grandir.