Le Real Madrid continue de gagner et le Bernabéu brille toujours, mais sous ce faste, des signes laissent présager que Xabi Alonso se lance dans une véritable « épreuve de force » à travers les incidents isolés de Franco Mastantuono, Endrick et Eduardo Camavinga. Il ne s’agit pas seulement de quelques regards désagréables ou de gestes de colère sur le terrain. Lorsque Mastantuono s’est battu avec David Alaba pour un coup franc en fin de première période contre Getafe, il était clair que la paix sous Carlo Ancelotti était terminée. L’Argentin de 18 ans est à Madrid depuis moins de deux mois, mais sa confiance s’est transformée en ego – une chose que Xabi Alonso, homme d’une discipline absolue, ne tolérera jamais.

Et ce n’est pas tout : le hochement de tête et l’attitude de Mastantuono lors de sa sortie à la 55e minute ont constitué un nouvel avertissement. C’était la première fois que Xabi le remplaçait aussi tôt, et aussi la première fois que le stratège basque était aussi froid. Une source au sein du Real Madrid a déclaré plus tard à la radio Cadena COPE : « Personne n’est exempté au Bernabéu, qu’il s’agisse de jeunes talents ou de vétérans.»
Le même soir, une autre petite « bombe » a explosé dans la surface technique du Real Madrid. Endrick, visiblement en colère, a donné un coup de pied dans une bouteille d’eau sur la piste après près de 20 minutes d’échauffement, mais Brahim Diaz a été appelé en remplacement. Le jeune Brésilien a été immédiatement « discipliné », lorsque quelques minutes plus tard, l’entraîneur Alonso a utilisé le droit de remplacement restant pour… faire entrer Gonzalo García sur le terrain.
De plus, l’information sur la possibilité d’un prêt d’Endrick lors du mercato hivernal s’est immédiatement répandue dans la presse, avec deux destinations potentielles : la Sociedad et Valence. Ces deux incidents semblent raconter la même histoire : des conflits existent au sein du Real Madrid en cette période de transition philosophique.
Xabi Alonso n’est pas comme Carlo Ancelotti. Il ne sourit pas souvent, n’embrasse pas ses élèves et n’apprécie pas les « compromis émotionnels ». Aux yeux de cet ancien milieu de terrain, l’équipe gagnante est une équipe disciplinée, où chaque joueur doit absolument respecter son rôle tactique. Cette approche crée un environnement de compétition plus féroce que jamais et, parallèlement, suscite le mécontentement de certains.
Même Camavinga, l’un des élèves les plus « obéissants » de l’époque d’Ancelotti, a commencé à s’exprimer. Dans une interview accordée à Téléfoot, l’international français a déclaré : « Je peux jouer à n’importe quel poste pour l’équipe, mais pas à long terme. Je ne suis pas latéral gauche, je suis milieu de terrain. »
C’est exactement ce qu’a déclaré Fede Valverde lorsqu’on l’a interrogé sur le fait de jouer latéral droit. Et lorsque Valverde et Vinicius Junior ont tous deux exprimé leur mécontentement face aux consignes de l’entraîneur, on est en droit de se demander : le Bernabéu est-il vraiment aussi paisible qu’il le paraît ?
En réalité, il n’y a pas eu de « rébellion ». Le Real Madrid continue de gagner, reste en tête de la Liga et est le principal candidat à la Ligue des champions. Mais le football ne se mesure pas seulement au score. Un vestiaire n’est véritablement « sain » que lorsque tous ses membres regardent dans la même direction. Et au Bernabéu, des signes de fissures commencent à apparaître.
Des sources proches de l’équipe ont révélé que de nombreux jeunes joueurs se sentent « étouffés » par le style d’entraînement de Xabi Alonso, réputé pour sa méticulosité, sa rigueur et son manque d’expression. Si Ancelotti est un père attentionné, Alonso ressemble davantage à un professeur froid. Le problème, c’est que dans un vestiaire rempli d’egos, cette rigueur peut engendrer des conflits.
Bien sûr, il faut aussi reconnaître que le Real Madrid traverse une période de transition. Mastantuono ou Endrick représentent l’avenir, et Alonso comprend que s’il ne les façonne pas dès le départ, il perdra le contrôle. Et pour bâtir une dynastie, il faut poser les fondations avec discipline, et non avec des sourires. La question n’est donc pas de savoir s’il existe un courant sous-jacent au Bernabéu, mais si Xabi Alonso aura le courage de transformer ces ondes en motivation, ou de les laisser se transformer en tempête.
Le Real Madrid continue de gagner, mais la victoire n’est pas toujours synonyme de paix. Le Bernabéu a connu des rébellions qui se sont soldées par une gloire. Et maintenant, le règne de Xabi Alonso commence par un défi : empêcher que le navire victorieux ne soit ébranlé par les étoiles à bord.