Le match nul 0-0 du Real Madrid face au Rayo Vallecano lors de la 11e journée de Liga n’était pas un simple faux pas. C’était un avertissement clair des problèmes latents au sein du système tactique que Xabi Alonso tentait de mettre en place. Il n’y avait plus d’excuses liées à la « malchance » ou à la « malédiction de Vallecano » : le Real a tout simplement mal joué, a manqué d’organisation, d’idées et de son courage habituel.
1. Un conservatisme excessif dans la composition de l’équipe
Après le choc face à Liverpool, la plupart des piliers du Real Madrid étaient physiquement épuisés. Pourtant, Alonso n’a effectué que deux changements mineurs : Asencio a remplacé Militao et Brahim Díaz a pris la place de Tchouaméni (suspendu). Le 4-2-3-1 a été réutilisé, mais son application est devenue rigide et prévisible.
Dans un contexte de calendrier chargé, le choix d’Alonso de maintenir la même formation alignée pendant les 90 minutes à Anfield est risqué. Mbappé, Vinícius, Bellingham et Valverde ne sont pas au meilleur de leur forme physique. Par conséquent, le Real joue lentement, manque de rythme et peine à se créer des occasions.

En effet, Mbappé, pourtant considéré comme le principal atout offensif du Real, n’a touché le ballon que 27 fois durant toute la rencontre, dont 4 fois dans la surface de réparation, et n’a tenté qu’un seul tir. Ces statistiques reflètent non seulement la performance décevante de Mbappé, mais aussi les dysfonctionnements du système qu’Alonso tente de maintenir.
2. La gestion tactique du Real est contre-productive.
Ce qui intrigue le plus les experts, c’est qu’Alonso continue d’aligner Federico Valverde au poste d’arrière droit, un poste auquel l’Uruguayen n’est pas à l’aise. Après le match contre Liverpool, Valverde était quasiment épuisé, mais Alonso l’a titularisé au lieu de faire jouer Trent Alexander-Arnold, capable d’apporter créativité et précision sur les ailes.
Résultat : le Real a perdu en solidité et en polyvalence sur l’aile droite, et Valverde s’est blessé à cause d’un surmenage. Lorsqu’un entraîneur force un joueur qui n’est pas dans son élément à travailler jusqu’à l’épuisement, il ne s’agit plus d’expérimentation, mais de conservatisme.
De plus, le positionnement de Valverde et Brahim Díaz sur l’aile droite par Alonso – aucun des deux n’étant droitier – a quasiment paralysé l’attaque du Real. Impossible de faire circuler le ballon sur l’aile, aucun centre n’était suffisamment dangereux, et toute la responsabilité reposait sur Vinícius à gauche.
3. Vinícius – symbole de chaos
Vinícius a toujours été l’attaquant principal du Real, mais ce match a mis en lumière les inconvénients d’une dépendance excessive à son égard. Le Brésilien était passionné, mais déconnecté du jeu. Il coordonnait à peine ses actions avec Carrasco, qui évoluait sur la même aile, se contentant de dribbler, de percer et de tirer en vain.

Lorsqu’une équipe s’appuie sur des actions individuelles, c’est un signe évident de crise tactique. Le Real n’avait aucun plan B, aucune rotation fluide entre les lignes, et personne capable de mener le jeu lorsque Bellingham était neutralisé.
4. La décision déconcertante : Camavinga à l’aile droite
Le point culminant de la confusion est survenu à la 71e minute, lorsqu’Alonso a remplacé Díaz par Camavinga, un milieu défensif, sur l’aile droite. Pendant ce temps, les attaquants du Real, comme Rodrygo, Endrick et Gonzalo García, restaient sur le banc.
Camavinga a la force, la capacité de presser et de récupérer le ballon, mais il manque de vitesse et de finition pour un rôle offensif. Dix minutes plus tard, Alonso a été contraint de corriger son erreur, mais les dégâts sur le rythme et le moral du jeu étaient considérables.
Ce choix a semé la confusion chez les supporters : Alonso expérimentait-il de nouvelles tactiques ou misait-il simplement sur la chance ?
5. Quand le déclic s’est transformé en match nul
Nul ne peut nier qu’Alonso possède une vision tactique moderne et a permis au Real de réaliser un début de saison impressionnant. Cependant, ses tentatives incessantes de « renouveler » son jeu avec des options inhabituelles sont contre-productives. Le Real Madrid joue désormais comme une équipe sans âme : beaucoup de passes, mais sans efficacité, un contrôle du ballon inexistant.
Alonso a déclaré un jour que « la conviction peut engendrer des buts », mais ce match a prouvé le contraire : la conviction seule ne suffit pas si la tactique est erronée dès le départ.
6. Le Real Madrid à la croisée des chemins
Après ce match nul, le Real ne compte que 3 points d’avance sur Barcelone. Cet écart fragile reflète l’instabilité actuelle. Les « Vautours Blancs » ont perdu leur tranchant habituel, leur esprit d’équipe et leur instinct de vainqueur.
Si Xabi Alonso ne rectifie pas rapidement le tir – tant au niveau tactique que dans la gestion de ses joueurs – le Real Madrid risque d’en payer le prix fort. Car dans le football de haut niveau, les erreurs d’un entraîneur ne se traduisent pas seulement par une perte de points, mais aussi par une perte de confiance, le bien le plus précieux que le Real Madrid ait jamais possédé.
Quand le Real est en difficulté sur le terrain, on ne voit plus l’image de la « Galaxie » flamboyante, mais seulement une équipe aux prises avec des tactiques complexes et des décisions confuses de son entraîneur.