
Il ne s’agissait pas seulement de quelques regards noirs ou de gestes de frustration sur le terrain. Lorsque Mastantuono s’est battu avec David Alaba pour un coup franc en fin de première période contre Getafe , il était clair que le calme régnait sous Carlo Ancelotti. L’Argentin de 18 ans était à Madrid depuis moins de deux mois, mais sa confiance s’était transformée en ego – une chose que Xabi Alonso, fervent défenseur de la discipline, ne tolérerait jamais.
Et ce n’est pas tout : le hochement de tête et l’attitude de Mastantuono lors de sa sortie à la 55e minute ont constitué un nouvel avertissement. C’était la première fois que Xabi le remplaçait aussi tôt, et aussi la première fois que le stratège basque était aussi froid. Une source au Real Madrid a déclaré plus tard à la radio Cadena COPE : « Personne n’est à l’abri au Bernabéu, jeune talent ou vétéran. »
Ce soir-là également, une autre petite « bombe » a explosé dans la surface technique du Real Madrid. Endrick, visiblement en colère, a donné un coup de pied dans une bouteille d’eau sur la piste après près de 20 minutes d’échauffement, mais Brahim Diaz a été appelé comme remplaçant. Le jeune Brésilien a immédiatement été « puni » lorsque, quelques minutes plus tard, l’entraîneur Alonso a profité de son dernier remplacement pour… faire entrer Gonzalo Garcia sur le terrain.

De plus, l’information concernant la possibilité d’un prêt d’Endrick lors du mercato hivernal s’est immédiatement répandue dans la presse, les deux destinations potentielles étant la Sociedad et Valence. Ces deux incidents semblent raconter la même histoire : des conflits internes au Real Madrid ont commencé à surgir pendant cette période de transition philosophique.
Xabi Alonso n’est pas comme Carlo Ancelotti. Il sourit rarement, n’embrasse pas ses joueurs et n’aime pas les compromis émotionnels. Aux yeux de cet ancien milieu de terrain, une équipe gagnante est une équipe disciplinée, où chaque joueur doit absolument respecter son rôle tactique. Cette approche crée un environnement de compétition plus féroce que jamais et, parallèlement, suscite le mécontentement de certains.
Même Camavinga, l’un des meilleurs élèves d’Ancelotti, commence à s’exprimer. Dans une interview accordée à Téléfoot, l’international français a affirmé : « Je peux jouer à n’importe quel poste dans l’équipe, mais pas à long terme. Je ne suis pas latéral gauche, je suis milieu de terrain. »

C’est exactement ce qu’a déclaré Fede Valverde lorsqu’on l’a interrogé sur son remplacement au poste d’arrière droit. Et lorsque Valverde et Vinicius Junior ont tous deux exprimé leur mécontentement face aux consignes de l’entraîneur, on est en droit de se demander : le Bernabéu est-il vraiment aussi calme qu’il le paraît ?
En réalité, il n’y a pas encore eu de « révolte ». Le Real Madrid continue de gagner, mène la Liga et est le principal prétendant à la Ligue des champions. Mais le football ne se mesure pas seulement aux scores. Un vestiaire n’est vraiment « sain » que lorsque tout le monde regarde dans la même direction. Et au Bernabéu, des signes de fissures commencent à apparaître.
Des sources proches de l’équipe ont révélé que de nombreux jeunes joueurs se sentaient « étouffés » par le style d’entraînement de Xabi Alonso, réputé pour sa méticulosité, sa rigueur et son manque d’expression. Si Ancelotti est un père attentionné, Alonso est plutôt un professeur froid. Le problème, c’est que dans un vestiaire rempli d’egos, cette rigueur peut engendrer des conflits.

Bien sûr, il faut aussi reconnaître que le Real Madrid traverse une période de transition. Mastantuono ou Endrick représentent l’avenir, et Alonso comprend que s’il ne les façonne pas dès le départ, il perdra le contrôle. Pour bâtir une dynastie, il faut poser les fondations avec discipline, et non avec des sourires. La question n’est donc pas de savoir s’il existe un « courant sous-jacent » au Bernabéu, mais si Xabi Alonso aura le courage de transformer ces ondes en motivation, ou de les laisser se transformer en tempête.
Le Real Madrid continue de gagner, mais la victoire n’est pas toujours synonyme de paix. Le Bernabéu a connu des rébellions qui se sont soldées par une gloire. Et maintenant, le règne de Xabi Alonso commence avec un défi : empêcher le navire victorieux d’être ébranlé par les stars à bord.