Le départ surprise de Pedro « Dro » Fernández, l’un des plus grands espoirs de la Masia, vers le Paris Saint-Germain a provoqué une onde de choc au FC Barcelone. À seulement 18 ans, le jeune milieu de terrain hispano-philippin a activé sa clause libératoire de 6 millions d’euros (environ 7 millions de dollars), avant que le PSG ne négocie un transfert légèrement supérieur, autour de 8,5 à 9,7 millions d’euros selon les sources, pour s’attacher ses services jusqu’en 2030.
Cette opération, officialisée fin janvier 2026, a laissé Hansi Flick et le staff technique sous le choc, le coach allemand ayant investi beaucoup de temps dans le développement du joueur.
Dro Fernández, surnommé « Dro » dans le vestiaire, était considéré comme l’une des prochaines pépites du Barça. Formé à la Masia depuis son plus jeune âge, il avait déjà intégré des entraînements avec l’équipe première et montré des qualités techniques impressionnantes, une vision du jeu mature et une capacité à dicter le tempo au milieu de terrain. Son départ soudain, motivé selon lui par des raisons purement sportives et le désir de trouver plus de temps de jeu, a relancé les débats sur la gestion des jeunes talents au club catalan.
Dans une interview récente, Deco, le directeur sportif du FC Barcelone, a tenu à clarifier la situation et à expliquer pourquoi le club n’a pas pu – ou voulu – retenir le joueur. « Ce sont des situations qui arrivent depuis toujours au Barça. Ce n’est ni le premier ni le dernier joueur qui part. Nous ne sommes pas dans le quotidien personnel de chaque footballeur ni dans sa tête », a déclaré Deco, soulignant que le club respecte les choix individuels, même s’ils surprennent.
Le dirigeant portugais a ensuite livré une analyse plus tranchante. Il a insisté sur le fait que le PSG n’a pas influencé directement la décision du joueur : « Le Paris Saint-Germain n’a pas influé sur la décision de Dro. C’est lui qui a pris la décision de partir. C’est pourquoi nous avons négocié avec eux par la suite. » Deco a même négocié un montant supérieur à la clause libératoire pour maximiser les revenus du club, une preuve que Barcelone a cherché à limiter les pertes financières dans une opération inévitable.
Cependant, Deco n’a pas caché sa déception face à l’attitude du jeune joueur. Il a averti : « Si Dro continue avec autant de précipitation dans sa carrière, cela pourrait lui porter préjudice à l’avenir. » Ces mots ont été perçus comme une critique voilée, voire un « parting shot » (coup de départ) envers l’ex-cantera, suggérant que partir si tôt pourrait freiner son développement à long terme plutôt que l’accélérer.
Deco semble regretter que Dro n’ait pas fait preuve de plus de patience, surtout dans un contexte où le Barça mise sur la reconstruction autour de jeunes talents sous Hansi Flick.
Le surnom viral « Gả ngốc nước Pháp » – traduit en français par « L’idiot de la France » ou « Le niais de la France » – circule surtout dans les cercles de fans vietnamiens et asiatiques sur les réseaux sociaux. Il reflète une moquerie populaire envers Dro pour avoir choisi le PSG, perçu par certains comme un choix « naïf » ou motivé par l’argent et le prestige immédiat plutôt que par un projet sportif cohérent.
Ce qualificatif ironique oppose l’image d’un « idiot » qui quitte la Masia – berceau mythique du football total – pour rejoindre un club riche mais critiqué pour son modèle financier dopé par l’État qatari.
Dro, de son côté, s’est défendu lors de sa présentation au PSG. Il a déclaré que Paris était « le meilleur endroit pour se développer », soulignant l’opportunité de jouer sous les ordres de Luis Enrique – ancien joueur et entraîneur du Barça, et aujourd’hui coach du PSG – et de progresser dans une équipe ambitieuse en Ligue 1 et en Ligue des champions. Son agent, Iván de la Peña (ex-Barcelone et proche de Luis Enrique), a joué un rôle clé dans les négociations, ce qui a ajouté une couche de frustration au Camp Nou.
Hansi Flick, pour sa part, a exprimé sa surprise et sa déception en privé, selon des sources proches du club. Il avait accordé beaucoup de confiance à Dro, le faisant participer à des entraînements et envisageant même des apparitions en match officiel. Le technicien allemand a publiquement déclaré que l’entourage du joueur avait influencé sa décision, sans entrer dans les détails.
Ce transfert illustre les défis persistants du Barça en matière de rétention des talents. Avec des contraintes financières toujours présentes malgré les efforts de redressement, le club peine parfois à offrir des garanties de temps de jeu aux très jeunes joueurs. Des cas similaires – comme Ansu Fati (blessures et prêts), ou d’autres pépites parties trop tôt – rappellent que la Masia reste une usine à talents, mais que la concurrence extérieure (surtout des clubs comme le PSG, Manchester City ou Chelsea) est féroce.
Pour Deco et le board barcelonais, l’objectif est clair : continuer à former, mais aussi à sécuriser les meilleurs éléments via des contrats plus protecteurs (clauses plus élevées, renouvellements précoces). Le départ de Dro, même s’il rapporte un peu d’argent frais, reste une perte symbolique. Il prive le Barça d’un potentiel futur maître du milieu et renforce un rival direct en Europe.
En attendant, Dro Fernández entame sa nouvelle aventure au Parc des Princes. À 18 ans, il a le temps de prouver que son choix était le bon. Mais les mots de Deco résonnent comme un avertissement : la précipitation peut coûter cher dans une carrière. Le football jugera. Pour l’instant, le surnom « L’idiot de la France » continue de faire sourire certains fans adverses, tandis que les supporters du Barça espèrent que cette sortie servira de leçon pour l’avenir de la Masia.