Lors de la 11e journée de Liga, le Real Madrid n’a obtenu qu’un match nul face au Rayo Vallecano. Le « Vautour Blanc » est-il maudit ou le stade Vallecas est-il en train de devenir un fléau pour l’équipe royale espagnole, qui n’a pas gagné ici depuis quatre matchs ?

Rien de tout cela. Le Real Madrid ne méritait pas de gagner ce match au vu de sa prestation face au Rayo Vallecano. Désorganisé, sans âme, sans cohésion et sans idées, voilà ce qu’ont montré Xabi Alonso et ses joueurs.
L’entraîneur espagnol va devoir rectifier beaucoup de choses dans les deux prochaines semaines s’il ne veut pas perdre la première place. Le Real Madrid avait pourtant bien commencé la saison, mais ne compte désormais que trois points d’avance sur Barcelone.
Quels changements Alonso a-t-il effectués par rapport au match contre Liverpool ?
Comme lors du déplacement à Anfield, Xabi Alonso n’a effectué que deux changements dans son onze de départ : Asencio a remplacé Militao et Brahim Díaz a pris la place de Tchouaméni (suspendu). Avec ces deux ajustements, le Real Madrid est revenu à un système en 4-2-3-1.
Cependant, le choix d’Alonso est fortement remis en question. Les joueurs clés du Real Madrid viennent de disputer un match très éprouvant contre Liverpool. Leur fatigue physique est manifeste. Ils sont encore aptes à jouer, mais leur forme n’est certainement pas à 100 %.
L’entraîneur espagnol ne manque pas d’options sur le banc, mais comme Alonso l’a confié après le match, il croit en la capacité de ses joueurs à marquer. Malheureusement, cette conviction ne s’est pas concrétisée.
Il suffit de regarder les statistiques de Kylian Mbappé, la star offensive du Real Madrid. En 90 minutes de jeu, Mbappé n’a touché le ballon que 27 fois, dont seulement 4 dans la surface adverse ; il a effectué 17 passes, un tir et 4 dribbles. Beaucoup ont plaisanté en disant que Mbappé « dormait encore à Anfield ».
Un autre exemple est celui de Federico Valverde. L’Uruguayen a dû endurer 90 minutes extrêmement éprouvantes à Anfield au poste d’arrière droit. Xabi Alonso a réitéré cette performance lors du déplacement à Vallecano, laissant Trent Alexander-Arnold sur le banc. Le défenseur anglais n’était-il pas à la hauteur face au Rayo Vallecano ?
En réalité, cette histoire serait sans intérêt si Valverde ne s’était pas blessé en fin de match. L’Uruguayen se massait l’arrière de la cuisse avant d’être remplacé, signe évident de fatigue excessive. Xabi Alonso a visiblement malmené le jeune joueur uruguayen.
Autres décisions déconcertantes d’Alonso
Outre la formation, Xabi Alonso a également commis plusieurs erreurs… déconcertantes lors de cette rencontre. La première concernait le style de jeu du Real Madrid. En alignant deux joueurs évoluant sur les ailes opposées (Valverde et Díaz), les « Vautours Blancs » ne pouvaient compter que sur la capacité de Vinícius à pénétrer sur l’aile opposée.
Cependant, le joueur brésilien peinait à coordonner ses montées avec Carrasco, qui évoluait sur la même aile. Le ballon ne parvenait pas à progresser sur l’aile, et le Real Madrid était complètement paralysé dans sa tentative d’approche du but adverse. Les actions offensives, qui atteignaient souvent la surface de réparation, étaient bloquées, et il n’y avait que deux solutions.
La première consistait à tirer, mais manquait souvent de précision ; à chaque bonne frappe, le gardien Batalla repoussait le ballon. La seconde était de dribbler pour se créer une occasion de conclure. À de nombreuses reprises durant ce match, Vinícius, Bellingham, Güler et Mbappé ont tenté de dribbler entre trois ou quatre défenseurs, sans succès.
C’est en partie ce qui explique la discrétion de Mbappé durant cette rencontre. Positionné en pointe, le Français manquait cruellement de ballons, perdant le contact avec ses coéquipiers. Güler et Bellingham ont également tout tenté, mais ces deux joueurs n’ont pas réussi à créer de cohésion entre les lignes.
Une autre décision déconcertante d’Alonso a été de faire jouer Camavinga… ailier droit, en remplacement de Díaz par Ceballos. Rappelons que le milieu français avait même évolué en défenseur central gauche sous les ordres d’Ancelotti. Les qualités de Camavinga pour récupérer le ballon sont indéniables, mais sa capacité à percer la défense, à créer des occasions ou à conclure n’est pas exceptionnelle.
Tout le monde l’a constaté, mais il a fallu dix minutes à Alonso pour effectuer ce changement (de la 71e à la 79e minute). Je ne comprends pas ce qu’ont fait Rodrygo, Endrick ou Gonzalo García pour que leur entraîneur perde confiance en l’attaquant remplaçant de son équipe.
Parfois, les entraîneurs cherchent à trouver une solution en prenant des décisions inhabituelles, mais dans ce cas précis, Xabi Alonso s’est davantage aventuré dans l’inconnu qu’en quête de la solution pour le Real Madrid. L’entraîneur était désorienté, les joueurs étaient épuisés, et le Real Madrid a entamé sa troisième courte pause.