« Si je devais choisir à nouveau, je marcherais encore sur le court, fier d’être moi-même ». Ces mots, prononcés avec une émotion palpable, ont résonné longtemps dans l’enceinte de Melbourne après le dernier match de Gaël Monfils à l’Open d’Australie 2026, marquant un moment profondément symbolique.

Battu dès le premier tour dans une rencontre chargée d’intensité, Monfils savait que cette défaite n’était pas seulement sportive. Elle représentait la fin de son histoire avec Melbourne, un lieu qui a accompagné ses plus grandes joies, ses frustrations et sa transformation en légende du tennis français.
Face au public, la voix tremblante et les yeux brillants, Gaël Monfils a tenu à exprimer une gratitude sincère envers ceux qui l’ont soutenu sans jamais faiblir. « Je suis incroyablement reconnaissant envers ceux qui n’ont pas tourné le dos », a-t-il confié avec pudeur.
Il a évoqué ces périodes où la victoire se faisait rare, où les attentes devenaient pesantes et où le doute s’installait. Malgré tout, les fans sont restés là, fidèles, portés par son style spectaculaire, son sourire contagieux et son authenticité sur le court.
Pour Monfils, cette reconnaissance a une valeur immense. Il a admis avoir souvent ressenti la pression de décevoir, non seulement les supporters, mais aussi lui-même. Une pression invisible, constante, qui accompagne chaque joueur de haut niveau tout au long de sa carrière.

En entrant dans cette dernière année de carrière, la charge mentale et émotionnelle s’est intensifiée. Le corps répond moins vite, la récupération est plus lente, et chaque défaite pèse davantage. Monfils n’a pas cherché à masquer cette réalité, choisissant au contraire la transparence.
Il a expliqué que la pression ne se limitait pas au terrain. Elle l’accompagnait dans la vie quotidienne, dans les choix à faire pour l’avenir, dans la nécessité de penser à l’après-tennis, un monde que beaucoup de joueurs redoutent sans oser en parler publiquement.
Avec une sincérité rare, Gaël Monfils a révélé avoir déjà préparé cette transition depuis plusieurs années. Loin de l’improvisation, il a profité de ses périodes de pause et de ses blessures pour effectuer des stages dans le secteur financier.
Ces expériences lui ont permis de découvrir un univers exigeant, structuré et intellectuellement stimulant. Il s’est notamment intéressé à la finance au sens large, avec une attirance particulière pour le private banking, un domaine où la relation humaine et la confiance jouent un rôle central.
« Je travaillerai dans la finance », a-t-il déclaré sans détour. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple plan B, mais d’un véritable projet de vie, construit avec sérieux, curiosité et humilité, loin des projecteurs du circuit professionnel.

Monfils a également été très clair sur ses priorités personnelles. Sa femme, Elina Svitolina, poursuivra sa carrière sur le circuit WTA, tandis que lui choisira de rester à la maison pour s’occuper de leur fille, assumant pleinement ce nouveau rôle.
Il a souri en expliquant qu’il deviendrait un “papa à la maison”, une décision mûrement réfléchie. Après des années passées à voyager sans relâche, il ressent aujourd’hui le besoin de stabilité, de moments simples et de présence familiale.
Cette vision de la vie a profondément touché les fans. Voir une star du sport assumer avec fierté un rôle souvent sous-estimé a renforcé l’image d’un homme libre, fidèle à ses valeurs, loin des clichés traditionnels liés à la retraite sportive.
Elina Svitolina, avec humour, a ajouté que dans son équipe, le rôle de Gaël après sa retraite serait simplement celui de “mari”. Une remarque légère, mais révélatrice d’un équilibre sain et complice au sein du couple.
Monfils a tenu à préciser qu’il n’avait pas l’intention de rester impliqué quotidiennement dans le tennis professionnel. Pas de coaching sur le circuit, pas de présence permanente dans les tournois, mais une vraie coupure, nécessaire à son bien-être.
Il a expliqué que le tennis a occupé une place centrale dans sa vie depuis l’enfance. Prendre du recul est aujourd’hui essentiel pour se redéfinir, explorer de nouvelles passions et construire une identité au-delà du joueur spectaculaire adoré du public.

Cette décision, loin d’un rejet du tennis, est au contraire un acte de respect envers ce sport qui lui a tant donné. Monfils souhaite se souvenir de sa carrière avec le sourire, sans l’usure émotionnelle que peut provoquer une transition mal préparée.
Il a également reconnu que cette nouvelle vie lui permettra de se reposer mentalement. Ne plus vivre au rythme des classements, des blessures et des attentes médiatiques représente une forme de libération qu’il accueille avec sérénité.
Les réactions des fans du monde entier ont été immédiates. Messages de soutien, témoignages de gratitude et hommages émouvants ont envahi les réseaux sociaux, saluant un joueur unique qui a marqué une génération par son style et son humanité.
À Melbourne, l’émotion était palpable. Le public a longuement applaudi Monfils, conscient d’assister à la fin d’un chapitre important du tennis moderne, celui d’un joueur qui a toujours joué avec le cœur, parfois au détriment de la prudence.
Gaël Monfils quitte l’Open d’Australie sans regret, avec la certitude d’avoir été fidèle à lui-même. Sa carrière, faite de hauts spectaculaires et de moments de doute, restera gravée comme celle d’un artiste du tennis.
Alors qu’un nouveau chapitre s’ouvre, loin des courts et plus proche de sa famille, Monfils avance sans peur. Fier de son parcours, reconnaissant envers ses soutiens, il embrasse l’avenir avec la même liberté qui a toujours guidé son jeu.